4 - Le F

           

 

 

          Michel J. Cuny - Françoise Petitdemange

                          Editions Paroles Vives

                   (initialement Cuny-Petitdemange)

                                       1986

                         (660 pages, cousu, 31 €)

 

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"Qu'est-ce qu'une nation ?"... C'est effectivement la question à laquelle "Le feu sous la cendre" s'efforce d'apporter une réponse.

Allons tout de suite à l'essentiel : par nation, en France, il faut entendre l'ensemble de la population native du pays et rassemblée sous la classe bourgeoise. Tout ce qui est dit "national" s'entendra donc ici comme ce qui n'existe que sous la domination des propriétaires des moyens de production et d'échange. Nous laissons à d'autres le soin de s'égarer avec d'autres façons d'interpréter le même terme.

Ainsi, au coeur même de la notion de "nation", il y a ce qu'a très bien perçu Saint-Marc Girardin lorsqu'il écrit, le 8 décembre 1831, dans le Journal des Débats, à l'occasion de la première révolte des canuts de Lyon :

"Il ne faut rien se dissimuler ; car à quoi bon les feintes et les réticences ? La sédition de Lyon a révélé un grave secret, celui de la lutte intestine qui a lieu dans la société entre la classe qui possède et celle qui ne possède pas." ("Le feu sous la cendre", page 9)

Il ne s'agit évidemment ni de posséder sa chemise ou pas. Ni de posséder les fruits de son labeur, ou pas. Il s'agit d'appartenir à la classe qui accapare les outils de production et d'échange, et qui vit de cet accaparement parce qu'il existe, en face d'elle, une classe qui, sans ressource autre que de proposer sa force de travail, doit travailler pour vivre, c'est-à-dire offrir l'usage de ses capacités physiques, psychiques et intellectuelles pendant un certain temps quotidien, et contre un salaire qui a, pour caractéristique essentielle, de jouxter le minimum vital. Voilà ce qui fait la fondation d'un pays vivant sous l'emprise du mode capitaliste de production. Voilà ce que doit couvrir l'idéologie de la "nation".

Or, Saint-Marc Girardin, lui, ne s'y trompe pas :

"Notre société commerciale et industrielle a sa plaie comme toutes les autres sociétés ; cette plaie, ce sont ses ouvriers." ("Le feu sous la cendre", page 9)

Sans quoi, elle serait un véritable paradis... C'est ce qu'à compter de 1983, les heureux du socialisme mitterrandien ont fini par croire plus fortement que jamais : le parti communiste était rompu.

Michel J. Cuny