L'ouvrage "Le Feu sous la cendre - Enquête sur les silences obtenus par l'enseignement et la psychiatrie" de Michel J. Cuny - Françoise Petitdemange" a été publié à Lyon en 1986.

Il s'ouvre sur un "Avant-propos" que voici :

     "La maladie, la maladresse et puis l'erreur de calcul, et jusqu'à la faute, la terrible faute d'orthographe qui, de trop se répéter, vous reléguait parmi les exclus du certificat d'études primaires, ne peuvent plus désormais être prises pour autre chose que pour le signe d'une vérité qui, tant qu'il y aura des humains, refusera de se taire.
     Les apprentis sorciers nous ont certes joué un vilain tour. C'est d'avoir tout fait pour que s'effiloche le canevas sur lequel il nous faut tracer, d'une main douloureuse parfois, ce qui nous revient de cette ombre derrière laquelle le discours d'amour vient reprendre son souffle. Mais si les pistes sont brouillées, la chaîne qui nous tient est bien là ; les stigmates laissés par les coups que le hasard n'aura pas été seul à nous assener parlent d'eux-mêmes.
     Sauf à se laisser endormir par les marchands de sommeil qui sillonnent la médecine et tout ce qui lui sert d'antichambre, on ne peut s'empêcher de lancer ce cri comme une menace : qui sont les esclaves et qui sont les maîtres ?
     La question est d'autant plus d'actualité, dans nos sociétés grotesquement démocra-tiques, qu'on voudrait nous faire croire qu'elle n'a plus aucun sens.
     C'est bien à la volonté de répertorier les preuves de sa pertinence qu'on doit le présent ouvrage."

     Les marchands de sommeil, écrivions-nous, Françoise Petitdemange et moi-même, en 1986.

     Depuis - c'était il y aura bientôt trente ans -, les téléviseurs ont bien rempli leur office. Le réveil va donc être très rude, puisque désormais l'économie française court à la crise systémique, sans qu'il soit possible de rien faire pour la retenir.

     Ainsi, dans le domaine de la santé il n'est que de s'interroger sur ce qu'il est advenu des quelques dizaines de milliards qui ont été captés, depuis les années soixante-dix, par le laboratoire Sanofi : combien de médicaments porteurs - non pas d'innovations médi-camenteuses (ce qui est affaire de commerce et de rentabilité) - mais d'améliorations thérapeutiques ? Et pourtant les cotisations sociales ont été soigneusement ponc-tionnées...

Voir : http://unesanteauxmainsdugrandcapital.hautetfort.com

Michel J. Cuny