Ce livre, "Le feu sous la cendre", est né dans des circonstances qu'il vaut sans doute la peine de conter...

Ce que Françoise Petitdemange et moi avions déjà fait dans "La clef des champs", ce récit autobiographique que nous avons publié en 1990, et dont voici un extrait :

"À Mâcon, nous nous étions installés dans un hôtel parfaitement minable. C'était les tout premiers jours de juillet 1983 : nous nous préparions à affronter des semaines difficiles. Il fallait limiter les frais au strict nécessaire.
Nous fûmes donc assez satisfaits quand nous pûmes constater que nous n'étions pas tombés dans un hôtel de passe... On voit par là quelle allure l'endroit pouvait avoir. Mais, plus que le décor, c'était le prix qui nous avait dès l'abord inquiétés : il nous paraissait trop bas.
Les jours suivants auraient pu ajouter à notre angoisse, mais nous nous trouvions désormais si bien chez ce vieux monsieur au large sourire que, lorsqu'il nous apprit qu'en raison de notre présence chez lui depuis plus d'une semaine nous allions avoir droit à un rabais qui - était-ce croyable ? - croîtrait dans huit jours, etc..., nous ne trouvâmes rien à lui opposer. Encore heureux qu'il ait fixé un seuil sous lequel il lui serait impossible de descendre
."

1983... Que tout cela est donc loin, désormais. Quant à ce vieux monsieur, il ne peut plus guère être que sous terre. À moins que... la corde de pendu..., ça ne vous évite de mourir avant d'avoir dépassé les cent ans... Dans ce cas, qui sait ?

À suivre...

Michel J. Cuny