"Le feu sous la cendre - Enquête sur les silences obtenus par l'enseignement et la psychiatrie" a été publié en 1986, après sept années de travail.

Significativement, le voici qui commence, une trentaine d'années plus tard, à pouvoir faire entendre sa voix... parce qu'il y a, désormais, des oreilles pour l'entendre. Le mode capitaliste de production et d'échange a cru pouvoir se passer de l'extorsion de la plus-value : il n'avait plus besoin d'y songer ; la richesse lui tombait sous la main de toutes les façons possibles ; rien que du loto... Balayés, les ouvriers, et balayés, les commu-nistes... Balayée, l'U.R.S.S., et balayée toute l'analyse marxiste ! Balayés, le maté-rialisme dialectique et le matérialisme historique ! Balayé, à la même occasion, le travail de Jacques Lacan où l'on peut pourtant lire :

"Car ni Socrate, ni Descartes, ni Marx, ni Freud, ne peuvent être « dépassés » en tant qu'ils ont mené leur recherche avec cette passion de dévoiler qui a un objet : la vérité." (Écrits, page 193)

Et c'est encore de Karl Marx que Jacques Lacan affirme "qu'une part du renversement qu'il opère à partir de Hegel est constituée par le retour (matérialiste, précisément de lui donner figure et corps) de la question de la vérité". (Écrits, page 234)

Ainsi, à croiser les travaux de Jacques Lacan avec ceux de Karl Marx, "Le feu sous la cendre" s'achève-t-il sur cette phrase :

"À chacun de prendre ici la mesure de son bon sens, c'est-à-dire de la chaîne qui le tient, et de parier peut-être sur ces mots d'amour qui ne sont d'abord que des balbu-tiements proférés dans le champ clos de la lutte des classes."

Mots d'amour ? Cette vidéo, par exemple.

Michel J. Cuny